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Retrouvez dans cette rubrique des articles concernant la vie associative toulousaine (interview, présentation d'associations, etc ...)
Ces articles sont réalisés soit par Toulous'Asso, soit par divers médias (associatifs ou non). Dans ce dernier cas, seul un extrait de l'article vous est présenté. Un lien vers l'article original se trouve au début de l'article.

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Auteur : sam31
Article ID : 1
Public : Default
Version 1.00.02
Date de publication: 25/09/2010 11:20:00
lectures : 1032

(Entretien réalisé par Toulous'Asso en Janvier 2007. Les réponses aux questions sont collégiales faites par le Collectif) - Leur site web : http://ouvriersgensdici.free.fr

I) -Alors tout d'abord pouvez-vous vous présenter ? Vous faites donc partie du « Rassemblement des ouvriers sans-papiers, gens d’ici et leurs amis », pouvez-nous rappeler tout d'abord son histoire et le contexte de cette situation ?

Nous avons constitué le Rassemblement à Toulouse en 1996, dans la foulée de ce qui a fait événement à ce moment-là, à savoir l’occupation de l’église Saint-Bernard à Paris. (pour rappel : des familles africaines ont occupé pendant plusieurs semaines cette église avant d’en être délogées brutalement par les CRS, sous le gouvernement Chirac/Juppé). Pour nous (4 militants politiques à l’époque, en recherche d’une politique pour tous, faisable par les gens eux-mêmes, en dehors des partis), il était clair que cela marquait une nouvelle étape en France : des gens, de nationalité étrangère en France, sans-papiers, avaient décidé d’apparaître au grand jour, et de dire : « regardez-nous, nous sommes comme vous : nous travaillons, nous avons une famille ici ou au pays d’origine, nous vivons ici, nous ne faisons rien de mal ». C’est d’ailleurs pour cette raison que cette occupation avait alors suscitée tant de sympathie.
Nous avons donc lancé ce que nous appelons maintenant le 1° Rassemblement (« Le Rassemblement des sans-papiers et leurs amis »). Dés le début, il nous a semblé important de bien dire qu’il ne s’agissait pas d’apporter « un soutien » aux « malheureux sans-papiers », mais bien de constituer un rapport égalitaire entre tous ceux (avec et sans-papiers) qui considéraient qu’il fallait mener bataille pour que tous les sans-papiers présents en France soient régularisés, et soient considérés comme des gens du pays, d’où notre mot d’ordre : « les gens qui sont ici sont d’ici ». Ont participé alors au 1° Rassemblement de nombreux sans-papiers et des membres d’associations diverses (Cimade, Verts…), mais chacun venait au rassemblement en son nom propre et parlait en son nom propre, cela afin d’éviter de constituer un collectif d’organisations, collectif qui se bloque rapidement et qui de fait exclu les premiers concernés, les sans-papiers, de tous les débats et prises de décisions, les représentants d’organisations étant vécus comme les « spécialistes ». En 1997, Jospin est élu, se met en place un gouvernement Chirac/Jospin. Une partie des sans-papiers est régularisée, les familles, sont laissés pour compte ceux que le gouvernement appelle « les célibataires » qui sont en fait ceux qui n’ont pas de famille ici, ou qui ont la famille au pays, et qui tous dans leur grande majorité travaillent en France. La « loi des 10 ans » est mise en place par Chevénement, votée par l’Assemblée de gauche. Rapidement, cette loi est faite pour refuser la régularisation massive, est maintient les gens dans une situation sans-droit. A ce moment là (fin 97 début 98), le Rassemblement se divise : il y a ceux qui pensent qu’il ne faut pas attaquer et affaiblir le gouvernement de gauche, et ceux qui pensent que l’essentiel est ce qui arrive aux gens du pays, et de ne pas céder sur quelques principes qui ont à voir avec les droits pour tous et la justice. C’est ce qui donne naissance au 2° Rassemblement (l’actuel), qui se nomme alors : «Le Rassemblement des ouvriers sans-papiers, gens d’ici et leurs amis » afin de bien marquer qui sont les sans-papiers : des gens qui travaillent, des gens qui sont du pays.

II) - On parle beaucoup de personnes "sans papiers", mais qu'est-ce que ça signifie au juste, de quels papiers parle t'on ?

Il s’agit de l’autorisation de vivre en France et de travailler. Dit rapidement, il y a le statut de « résident », qui donne une autorisation de séjour et de travail de 10 ans, en principe renouvelable de plein droit ; il y a la carte temporaire de 1 an, renouvelable chaque année et soumise à conditions. La dernière loi Sarkozy a modifie considérablement le code CESEDA (Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile) et les possibilités d’obtention et de renouvellement de titres de séjour. Ce qui est sûr, c’est que la carte de résident (de 10 ans) est de moins en moins délivrée ; et que les possibilités de régularisation ont disparu (régularisation après 10 ans de présence illégale ; maladie ; vie privée et familiale ; asile politique). Cette loi absente juridiquement des centaines de milliers de gens en France.

III) - Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la démarche, l'histoire, etc.. de ces personnes "sans papiers" ? (pourquoi sont-ils venus en France, leur souhait de travailler, s'intégrer ... )

Les démarches sont multiples : situation de crise économique, guerres, persécutions, maladies non soignées, vie familiale…font que des gens traversent des mers, des continents, des pays, avec tous les risques qu’ils encourent, et l’incertitude du lendemain. Pour tous, il est clair qu’ils ont choisi la France, que ce n’est pas le hasard qui les a mené ici.

IV) - On les présente bien souvent comme des clandestins alors que vous me dites qu'apparemment ils n'ont qu'une envie, s'intégrer, travailler et être reconnus, non ?

Il faut lire leurs tracts, leurs déclarations (sur le site du Rassemblement) : chaque texte parle de leur vie ici, de leur travail pour la France, de l’idée politique qu’ils ont de tout cela. A ce sujet, une anecdote, ou plutôt une remarque qu’a fait une personne qui est venue à notre dernière réunion publique (il s’agit d’un homme français d’une cinquantaine d’années) : « ce que disent les sans-papiers du Rassemblement, l’idée qu’ils ont de la France pour tous, de la démocratie, tout cela a de quoi faire rougir de honte des français qui eux ne se posent aucune question sur ce que devient leur pays… ». Nous parlons souvent du travail que les ouvrier(e)s sans-papiers font, cela englobe le travail intellectuel des étudiants, collégiens…, car il est alors évident, pour qui est honnête, qu’il n’y a là rien de « clandestins ». Une remarque à laquelle tienne tous les amis du Rassemblement : « nous ne travaillons pas au noir, mais sans droit, parce que le gouvernement ne veut pas nous régulariser ; le travail au noir, c’est pour cacher ses revenus, nous nous voulons payer des impôts, les charges etc…et être reconnus comme des gens du pays ».

V) - Beaucoup de personnes qui ne connaissent peut-être pas bien le problème craignent que si l'on régularise "en masse" les ouvriers sans papiers on risque d'avoir à faire face à un afflux de population, qu'en pensez-vous ?

Tout d’abord, régulariser ne serait que justice et permettrait de rendre légale ce qui existe déjà : le travail et la vie des gens ici ; la loi doit prendre en compte la vie réelle des gens et ce dont ils ont besoin, et non une idéologie qui dit qu’il faut persécuter et présenter des gens du pays comme des parasites et des ennemis. Avec une telle démarche, beaucoup serait gagnant, contre le mépris des plus pauvres, des ouvriers, de ceux qui gagnent durement leur vie (français ou étrangers). Ensuite, il faut bien voir que les gens ne quittent pas leur pays sur un coup de tête et facilement. Le fantasme de « l’invasion » est en fait une vision raciale du pays : être français devient une question de race, et non plus un statut juridique ! on est en train de nous inventer la « race française » ! L’Espagne à régularisé dernièrement 1 million de personnes, et son économie ne s’est jamais si bien portée ! les ministres concernés le disent eux-mêmes : les caisses de l’état se sont renfloués grâce à l’afflux des cotisations patronales et salariales (retraite, maladie…). Le choix de la France depuis 20 ans est un choix politique, dicté par Le Pen et repris par l’ensemble des partis parlementaires, au nom d’un prétendu « problème immigré ».

VI) - Revenons à votre collectif alors, qui le compose ? des ouvriers "sans-papiers" uniquement ? des amis, proches, familles ?

La composition est multiple : des gens avec et sans-papiers, des ouvrier(e)s, des enseignants, retraités, des français, des étrangers, beaucoup de femmes (avec ou sans foulard !), des gens des quartiers, des étudiants, des gens avec ou sans religion… : en fait nous sommes un exemple organisé de ce qu’est la France d’aujourd’hui, et du fait qu’il est possible de faire exister la France telle qu’elle est, avec les gens tels qu’ils sont !

VII) - Comment fonctionnez-vous ? (réunions, prise de décision ...)

Nous fonctionnons en Collectifs, par quartier, par lieu. Régulièrement, nous tenons des assemblées générales, des réunion publiques aussi. C’est à ces moments là (dans les Collectifs, les AG…) que nous décidons ensemble ce que nous nous fixons nous-mêmes, à nous-mêmes. Notre discipline est librement consentie, et non due à une obéissance au Parti… Nous comptons sur nous-mêmes, sur ce que nous sommes capables de penser et de mettre en œuvre pour avancer ; nous n’attendons rien des partis et des élections : nous ne cherchons pas de places, mais les droits et la justice pour tous !

VII) - Quelles sont vos revendications ?

Nous menons une bataille politique pour une régularisation sur la base du travail et de la vie ici ; sur la base de la scolarité ; et pour le retour à un véritable droit d’asile. Nous nous battons pour que la France soit le pays de tous ceux qui y vivent et y travaillent. Nos principaux mots d’ordre sont : « Qui est ici, est d’ici ! » « le travail, ça compte, l’ouvrier ça compte » ; « il faut compter chaque habitant du pays : un habitant = un habitant »

VIII) - Quel type d'actions faites-vous pour faire connaître et défendre cette cause ?

Nous manifestons régulièrement. Nous faisons un gros travail d’organisation, pas obligatoirement visible médiatiquement, mais réel dans certains endroits. Nous organisons patiemment notre force politique contre la politique de guerre du gouvernement, et pour une politique de paix dans le pays. Nous faisons aussi un gros travail juridique, de dossiers, recours, tribunaux… Nous organisons des campagnes régulièrement contre les contrôles de police (au faciès) dans les rues, les chantiers, les écoles…qui visent à trouver les sans-papiers et à expulser. Nous donnons des consignes sur quoi faire en cas de contrôles de police…

IX) - J'imagine que vous travailler également avec d'autres collectifs, associations toulousaines ?

A plusieurs reprises, nous avons proposé des initiatives communes, certaines y sont sensibles, mais trop peu…

X) - Que pensez-vous du secteur associatif toulousain en général ?

Il faudrait passer du « soutien », de « l’humanitaire », de « l’émotion », de « l’aide à … » à : nous sommes à égalité pour traiter les questions politiques qui nous sont posées. Accepter aussi de désigner un certains nombre de lois comme mauvaises et se battre pour leur abrogation. Avoir son propre projet politique sur le Pays. Et puis, faire tout cela indépendamment de qui est au pouvoir…et être guidés par quelques principes pour tous.

XI) - Comment, en tant que toulousain, puis-je me joindre à vous, vous aider, vous soutenir ?

Vous l’avez compris : il y a beaucoup de travail à faire, dans la durée…chacun(e) est le bienvenu ! Nous avançons en fonction du travail fait, chaque militant nouveau peut porter sa pierre, celle de son choix.

XII) - La dernière question habituelle, que pensez-vous de Toulous'Asso et particulièrement du portail associatif toulousain : www.toulousasso.org ? Des idées, conseils pour nous aider à l'améliorer ?

Il y a quelques temps, j’aurai dit qu’il était difficile de se retrouver dans votre site, mais avec la nouvelle page d’accueil, plus de problème de ce côté là ! L’agenda est pratique pour voir rapidement les événement recensés.

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